Etape 57 : O Pedrouzo – Santiago de Compostela

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Dimanche 17 juillet, c’est un grand jour, je me lève très tôt un peu avant 4 heures. La nuit a été courte, sans doute l’excitation d’en finir. Me voici donc en marche pour cette ultime étape, il fait nuit noire. Qu’il est agréable de marcher ainsi, seul dans l’obscurité au coeur des dernières forêts d’eucalyptus. Je garde un bon rythme, je suis perdu dans mes pensées qui déroulent le film de tout ce que j’ai vécu sur le chemin. Heureux moment de vie où j’ai pu apprécier l’instant présent et mettre à profit ce moment privilégié que de me retrouver face à moi-même. Je savoure chaque pas, et chaque paysage qui me rapproche vers mon but. Après le vacarme des pistes de l’aéroport, passage à Lavacolla, au nom évocateur. La tradition voulait que le pèlerin se lave intégralement avant l’entrée dans la ville sainte de Santiago. Quelques rares marcheurs à cette heure-ci. Peu avant Santiago, le chemin grimpe le Monte do Gozo, d’où un panorama sur la ville s’offre à moi. Puis c’est la descente vers Santiago et ses faubourgs. C’est une grande ville, le centre historique est encore loin. L’arrivée est assez spéciale, car à aucun moment, quand on rentre dans la ville, on aperçoit la cathédrale. Plus je m’en approche, plus il y a de monde, pèlerins, touristes ça grouille. Rien ne peut contenir mon entrée triomphale, en musique au son de la gaïta, sur cette place Obradoiro. Vers 9 heures, ça y est après 22 km j’y suis, je l’ai fait. Je retire mon fidèle sac dos, je m’assois, la cathédrale, vers laquelle j’ai marché ces 2 derniers mois, se dresse devant moi !  Pas facile de décrire cet instant, plein d’émotions, je prends conscience que c’est fini et que c’est bien ici que se termine mon pèlerinage. J’appelle ma moitié pour partager l’instant. Parti du Puy-en-Velay le 20 mai et puis 57 jours et 1 515 km plus tard me voici à Saint-Jacques-de-Compostelle. Tout c’est passé si vite, signe des biens-faits du chemin. Je suis fier de ce que j’ai accompli, cela n’a pas été simple tous les jours loin de là. Néanmoins ce n’est pas un exploit extraordinaire, il est à la porter de tous. Je retrouve Jean-Claude qui arrive à son tour et d’autres pèlerins, on se salue, se félicite et on se sépare dans cette atmosphère du pèlerinage.

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